Reçois ton carnet « Mes émotions en couleurs » (PDF offert)
Avant de plonger dans cet article, télécharge le carnet qui le prolonge : 20 pages à colorier pour mettre des couleurs sur ce que tu ressens, avec une roue des émotions, une météo intérieure, un monstre à inventer et des exercices créatifs, à imprimer ou à colorier à l’écran.
Dialoguer avec ses émotions, c’est arrêter de les faire taire pour apprendre à les écouter : chacune porte un message qui t’est adressé. Dans cet article, je te raconte mon vécu de personne très émotive, puis je partage les étapes qui m’aident à entendre ce que mes émotions ont à me dire. Pour découvrir les émotions de base et leur place dans un schéma, tu peux aussi explorer la roue des émotions.
Mon histoire : de l’émotivité au dialogue
Je suis très émotive.
J’ai toujours été émotive.
Si tu lis cet article, peut-être que toi aussi ? Combien de fois as-tu entendu ces phrases : « tu prends tout trop à cœur », « ne sois pas si émotive ». Comme si c’était le but ultime à atteindre : faire taire toutes ces émotions. Ne pas s’indigner, ne pas pleurer, laisser la vie « couler » sur nous. On n’y arrive pas, et on se déteste à cause de ça…
Cette émotivité a longtemps été mon fardeau et celui de ceux qui m’entourent. Je pars dans tous les sens, allant d’un sentiment à l’autre, des rires aux pleurs en totale anarchie. J’ai essayé longtemps de calmer ce que je croyais être des émotions négatives. Pour éviter qu’elle n’explosent, je les avalais… A force d’avaler, des kilos ça oui j’en ai pris ! 😀 J’essayais de réduire l’amplitude des montagnes russes : moins de colère, moins de tristesse, mais également moins de joie. C’est vide, c’est terne, ça n’est vraiment pas folichon !
Et puis, ces émotions, à force d’être bridées, elles finissent par exploser d’autant plus fort au moment où je m’y attends le moins. Le fameux effet « cocotte minute » qui me glace rien qu’à y penser. Toute puissante et destructrice, l’émotion se projette sur tous, et principalement contre moi. Ces apparitions intenses m’ont longtemps confortée sur la nécessité d’étouffer l’émotion, pour ne plus qu’elle apparaisse… et ça s’est répété… comme un cercle vicieux, jusqu’à ce que je comprenne :
Je serais toujours émotive.
Et c’est génial !!!!
C’est le signe que mes warning fonctionnent bien.
En réalité c’est bien plus complexe ! Les émotions sont tellement plus nombreuses, et parfois elles se mélangent et se superposent. C’est comme les couleurs sur une palette aquarelle. Certaines ont un message profond et d’autres pas du tout, ne sont qu’une impression passagère. Ça danse, ça va, ca vient… Et on peut facilement s’y laisser bercer.
Ne ressentir aucune émotion ne s’appelle pas le bonheur, mais au contraire, ce serait plutôt une forme de mort cérébrale. Il n’est pas non plus question de rester bloqué dans une émotion. Ces émotions ne sont pas moi : je ne suis pas « triste », « colérique » ni « peureuse » par nature. Toutes ces émotions sont en moi, et je dois les écouter, les comprendre, pour agir en fonction et les voir en alliées.
Le message est intime
Là est tout le secret : je dois discuter en tête à tête avec mes émotions.
La même situation aura un impact très différent d’une personne à l’autre, car elle va activer une émotion ou une autre selon les valeurs et l’histoire de chacun. La relation est tripartite : il y a le déclencheur, mon émotion et moi. Je suis l’union entre le déclencheur et l’émotion, je suis son interprète.
D’ailleurs, ce qui me dérange n’est pas tant l’émotion elle même, mais plutôt son extériorisation incontrôlée. Pour limiter la casse, au départ, je dois m’entraîner à la sentir arriver, pour ne pas me laisser emporter. Je peux par exemple la nommer. Reconnue, elle baisse d’un ton. Je peux l’exprimer, mais ne cherche pas à l’expliquer. Quand l’émotion est trop vive, je n’arrive pas à la comprendre. C’est rarement le moment d’agir ni de prendre des décisions. Mon émotion s’adresse à moi, et à moi seul : ni au déclencheur, ni au reste du monde.
Je m’excuse auprès de mon interlocuteur et m’isole. Je peux évacuer : courir, danser, chanter, respirer en conscience, raturer, crier, pleurer, me répéter un mantra en boucle dans ma tête, boire un verre d’eau… Je ne dis pas que c’est facile, ou que j’arrive toujours à trouver le bon degré entre l’émotion et mon quotidien… Mais je m’entraîne. L’émotion ressentie doit s’exprimer pour s’adoucir, devenir intelligible.
Ensuite, j’y reviens. Qu’a-t-elle voulu me dire ? Quel est le message ?
J’enclenche le dialogue
Pour le comprendre, il y a plusieurs méthode : dessin ou écriture intuitive, méditation… Essaye et tu verras : c’est étonnant à quel point il est facile de se replonger dans une émotion, même ancienne. Il suffit de repenser à la situation, de revoir le déclencheur, et la machine se remet en route toute seule. Cette fois-ci, dans un cadre sécurisé, loin du monde, entre mon émotion et moi, je peux l’écouter.
Une personne tiers peut aider à cela. Qu’il soit psy, coach ou chamane, l’accompagnateur peut guider par des questions, à vous connecter à votre émotion, capter son message. Au départ, cela peut aider et rassurer d’avoir un intermédiaire entre mon émotion et moi. C’est bien toutefois d’apprendre à le faire seule, pour renouveler l’opération autant de fois que c’est nécessaire, et petit à petit, capter les messages de mes émotions.
Ces messages ne sont pas toujours verbaux, ils sont souvent flous, ou masqués par des barrières que nous avons construites tout autour de nos blessures, pour nous permettre de vivre avec, en les contournant. Le processus est long, mais à la fois il est passionnant. C’est une plongée à l’intérieur de soi, comme découvrir un micro-univers où toutes les émotions cohabitent et vivent les unes avec les autres.
La magie enfin est qu’une fois ce dialogue enclenché, mes émotions me parlent plus doucement. Elles savent que je les écoute. Je les nomme à leur arrivée, et essaye d’appliquer les messages qu’elles me transmettent. Je les expose au monde une fois traduites en paroles, en décisions et en action.
Ensemble, nous construisons un partenariat. Je n’essaye plus de les contrôler, et en échange elles ne prennent plus le contrôle de mon quotidien.
J’espère que ce récit trouvera un écho chez toi, pour te permettre aussi de mieux comprendre et accueillir tes émotions. De manière plus générale aussi, ne plus les rejeter nous permettra d’aller vers un monde plus vivant, moins bridé et par ce fait moins explosif.

Le message de chaque émotion
Chaque émotion porte une information, sans être « bonne » ou « mauvaise ». Voici comment je traduis le message des huit émotions de base (tu les retrouves toutes sur la roue des émotions), avec les questions que je leur pose et le petit geste qui me permet de leur répondre. À lire comme des pistes, jamais comme des vérités absolues : toi seule sais ce que tes émotions te racontent.
La peur : « un danger est proche »
- Son message : elle te dit d’agir ou de te préparer, parce qu’un danger, réel ou imaginé, est proche.
- Ce dont elle a besoin : de la sécurité, de l’information, d’être rassurée.
- Questions à lui poser : De quoi ai-je peur exactement ? Est-ce un danger réel, ou une histoire que je me raconte ? Quel est le plus petit pas possible ?
- Un geste pour lui répondre : respirer lentement, poser la peur sur le papier, puis découper le défi en petites étapes.
La tristesse : « une chose est terminée »
- Son message : elle t’annonce qu’une chose est terminée et que tu deviens disponible pour un renouveau.
- Ce dont elle a besoin : du temps, de la douceur, un espace pour dire ce qui pèse.
- Questions à lui poser : Qu’est-ce que j’ai perdu ou que je regrette ? De quoi ai-je besoin pour me consoler ?
- Un geste pour lui répondre : pleurer si cela vient, écrire une lettre, t’offrir un moment tendre (thé, couverture, musique).
La colère : « mes valeurs ne sont pas respectées »
- Son message : elle te dit que tes valeurs ou tes limites ne sont pas respectées et que tu dois te faire entendre.
- Ce dont elle a besoin : du respect, de la justice, de l’espace pour s’exprimer.
- Questions à lui poser : Qu’est-ce qui me semble injuste ? Quelle limite a été franchie ? Que voudrais-je demander, clairement ?
- Un geste pour lui répondre : marcher, souffler, dessiner d’un trait vif pour évacuer l’énergie, puis formuler ton besoin avec des phrases en « je ».
La joie : « tu es alignée »
- Son message : elle te dit que tu es alignée : c’est l’émotion qui t’invite à rester dans l’état actuel.
- Ce dont elle a besoin : d’être savourée, partagée, célébrée.
- Questions à lui poser : Qu’est-ce qui l’a fait naître ? Comment retrouver ce moment dans mon quotidien ?
- Un geste pour lui répondre : noter ce qui t’a fait du bien, partager le moment avec quelqu’un, colorier cette joie en couleurs vives.
La confiance : « je suis en sécurité »
- Son message : elle te dit que tu es en sécurité et que tu peux t’ouvrir, te rapprocher.
- Ce dont elle a besoin : de liens sincères, de stabilité, de rituels rassurants.
- Questions à lui poser : Qu’est-ce qui me rassure ici ? Quelle personne ou quelle pratique me soutient ?
- Un geste pour lui répondre : dire merci, renforcer un rituel qui t’apaise, t’autoriser à demander de l’aide.
La surprise : « il se passe quelque chose d’inattendu »
- Son message : elle te demande de t’arrêter pour regarder ce qui se passe d’inattendu.
- Ce dont elle a besoin : quelques instants pour reprendre pied avant de réagir.
- Questions à lui poser : Qu’est-ce qui vient de changer ? Qu’est-ce que cela m’apprend ?
- Un geste pour lui répondre : prendre une grande respiration, attendre avant de répondre, noter ta première impression.
Le dégoût : « cela ne me convient pas »
- Son message : il te dit que quelque chose ne te convient pas et que tu as besoin de prendre de la distance.
- Ce dont elle a besoin : de limites claires et de place pour ce qui te nourrit.
- Questions à lui poser : Qu’est-ce que je refuse ici ? Que puis-je écarter, ranger ou dire non à ?
- Un geste pour lui répondre : trier, t’éloigner, refuser avec douceur ce qui ne te correspond pas.
L’anticipation : « un événement approche »
- Son message : elle te dit qu’un événement approche et t’invite à te préparer.
- Ce dont elle a besoin : d’une direction, d’un plan simple, de curiosité.
- Questions à lui poser : Qu’est-ce que j’attends, et qu’est-ce que je peux préparer dès maintenant ?
- Un geste pour lui répondre : écrire une intention, faire une liste courte, choisir un premier pas pour aujourd’hui.
Souvent, plusieurs émotions se mélangent : c’est comme les couleurs d’une palette d’aquarelle. Si une émotion reste très envahissante ou dure longtemps, n’hésite pas à en parler avec une personne de confiance ou un professionnel de santé.
Dialoguer avec ses émotions en 4 étapes
Il n’y a pas de méthode unique. Voici le déroulé qui m’aide, après l’orage, quand je reviens vers mon émotion avec curiosité. Va à ton rythme, et reprends autant de fois que nécessaire.
1. Accueillir : nommer ce qui est là
Je commence par nommer l’émotion, sans la juger : « je ressens de la colère » plutôt que « je suis en colère ». Cette petite nuance rappelle que l’émotion me traverse, qu’elle n’est pas moi.
2. Sentir : repérer où elle se loge dans le corps
Gorge serrée, ventre noué, poitrine qui chauffe, épaules lourdes… Le corps parle avant les mots. Je pose une main là où ça se manifeste et je respire doucement, le temps de lui faire de la place.
3. Écouter : poser des questions à l’émotion
Je m’adresse à elle comme à une visiteuse dont je veux comprendre la venue, avec des questions simples :
- Que viens-tu me dire ?
- De quoi as-tu besoin, et de quoi ai-je besoin ?
- Quelle valeur ou quelle limite est touchée ?
- Depuis quand te connais-je ?
- Que peut-on faire ensemble, aujourd’hui, pour t’apaiser ?
Je laisse les réponses venir, parfois en images, en phrases, en sensations. Rien n’est à forcer : certains jours, il n’y a pas de réponse, et c’est aussi une information.
4. Répondre : traduire le message en un petit geste
Un message entendu mérite une réponse, même minuscule : poser une limite, demander de l’aide, prendre une pause, dire ce que j’ai sur le cœur. C’est ce geste qui apaise l’émotion et la fait parler plus doucement la fois suivante.
Quand l’émotion est trop vive pour dialoguer, je ne cherche pas à comprendre tout de suite : je commence par l’évacuer (marcher, respirer, raturer, chanter…), puis je reviens vers elle quand le calme est revenu.

Quand les mots manquent : dialoguer avec la couleur et le dessin
Certaines émotions restent floues, difficiles à dire. En tant qu’art-thérapeute, j’invite souvent à les rencontrer autrement : en choisissant une couleur, en laissant la main tracer, en dessinant la forme que prendrait l’émotion. Pas besoin de savoir dessiner : l’objectif n’est pas un beau résultat, mais un espace pour que l’émotion s’exprime et que tu puisses la regarder avec un peu de recul.
C’est exactement ce que propose le carnet « Mes émotions en couleurs », que tu peux recevoir gratuitement en haut de cette page : une roue à colorier, une météo intérieure, un monstre à inventer et des exercices créatifs pour chaque émotion, à faire en autonomie.
Et si tu sens que tu as besoin d’être accompagnée, je reçois en art-thérapie en Essonne (91) ou en ligne : tu trouveras mes accompagnements individuels ici.
Références
Et tout le monde s’en fout : émotions (Vidéo) https://www.youtube.com/watch?v=_DakEvdZWLk
Fabrice Midal (chaîne youtube) : https://www.youtube.com/channel/UChmYtDZNZFU88BOFQZ7NEPw
Femme en colère, authentique et sauvage (Groupe animé par Sophie Aucourt) : https://www.facebook.com/groups/199291745166285
Pour échanger sur tes émotions et partager tes créations, retrouve-moi dans le groupe Facebook ZenArt ~ La Magie Créative. Et si cet article t’inspire, tu peux le partager en épingle sur Pinterest ou sur tes réseaux sociaux.
3 réponses